espérance chrétienne

  • Segmentation de la conscience

    Une segmentation des niveaux de l’inconscient a été apportée par les travaux de la psychologie analytique, dont C.G. Jung a développé considérablement les concepts de subconscient et d’inconscient, décomposant ce dernier encore en différents aspects[1]. L’inconscient ne peut être réduit à la simple absence de conscience[2], écrivait-il, et tout ce qui surgit de façon inattendue de ce domaine obscur parait provenir du monde extérieur, et par là être réel, même s’il semble provenir d’une hallucination et semble par suite être faux[3].

    L’hypertrophie actuelle de la conscience est selon lui diabolique, résultant de l’orgueil de l’homme, alors que l’inconscient est naturel par excellence. Il subdivise cet inconscient en « Subconscient » ou première couche en dessous de la conscience, « Inconscient individuel » ou personnel reflet de nos actions conscientes, « Inconscient collectif » ou historique de tout le patrimoine de l’humanité et enfin « Inconscient spirituel » qu’il ne particularise pas spécialement par rapport à l’inconscient collectif, mais qui sera développé plus tard par Victor Frankl.

    Jung introduit la notion de Moi conscient ou encore d’égo, terme voulant dire moi en latin, dont le contour est celui de la conscience de veille, et celui de Soi qui est une vision élargie à toutes les couches de conscient et d’inconscient dans un état de communication parfaite entre elles.

    Le sens de la vie est selon Jung de gagner de la connaissance, donc de la conscience sur la matière première que constitue l’inconscient[4], de se dresser en quelque sorte contre le chaos primordial mais toujours présent dans la matière constituée. On voit ainsi poindre la notion de « grand œuvre » et de « Mère universelle » ou « materia prima » chère aux alchimistes. Le parallèle entre la psychologie et l’alchimie, largement étudié par Jung, sera abordé plus en détail dans la suite de cet ouvrage.

    [1] Wikipédia – Inconscient : « Le subconscient correspond aux processus psychiques non accessibles au sujet conscient et relevant de l’automatisme –– L’inconscient se composerait d’un inconscient personnel, d’un inconscient collectif et d’un inconscient spirituel qui nous préviendrait de dangers et trouverait la solution de certains conflits. Jung donne des exemples de rêves qui auraient une fonction d’avertissement »

    Ou encore « inspirations artistiques, intuitions scientifiques, imaginations, rêveries, rêves, hallucinations, actes manqués, bafouillements, colères, mélancolie, angoisses, névroses, psychoses… sont autant de phénomènes que le psychanalyste attribue à l’influence de l’inconscient ».

    [2] Jung – L’âme et la vie : l’inconscient possède une certaine autonomie créatrice, qui ne pourrait jamais lui être attribuée s’il avait seulement la nature d’une ombre

    [3] Jung – L’âme et la vie : Que quelque chose puisse ne pas provenir de l’extérieur, mais soit pourtant vrai, voilà une vérité qui a jusqu’ici à peine commencé à poindre pour l’humanité contemporaine.

    [4] Jung – L’âme et la vie : C’est là le principe paternel du Logos qui, dans une lutte infinie, s’arrache à la chaleur première et à l’obscurité du sein maternel autrement dit : l’inconscient.

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  • Indépendance de la conscience et du corps

    Toutes les pensées, les actions et les manifestations que nous percevons dans ce monde utilisent une même « technologie » de communication, liée à la conscience. La psychologie, en tant que science traitant de la conscience, apporte un raisonnement rationnel fondé sur l’expérimentation pour chercher à comprendre comment ces expériences se sont produites dans la conscience. La psychologie analytique en particulier, et auparavant les travaux résumés par Henri Bergson dans le livre L’énergie spirituelle, permet notamment de comprendre l’indépendance de la conscience et du corps.

    Une question fondamentale s’est posée aux fondateurs de la psychologie analytique, qui était de savoir si la conscience fait partie intégrante du corps humain, à l’instar de chacune de ses fonctions organiques, ou si elle en constitue une entité séparée. C’est ce que pensait notamment Bergson qui a répondu scientifiquement à cette question à partir d’expériences et de raisonnement rationnels. Il est arrivé à la conclusion que la conscience existe en tant qu’entité distincte du corps, liée au corps mais « rien de plus » comme il disait.

    Bergson prit l’image du manteau accroché au clou du porte manteau[1] ; le clou est le cerveau, qui maintient dans le monde vivant la conscience, représentée par le manteau. Bergson assimila alors la conscience à l’âme ou à l’esprit – il ne faisait au départ pas trop la différence, bien qu’ensuite il précisa ce qu’était pour lui l’esprit[2] – et imagina alors comme possible son immortalité.

    Son œuvre est intéressante vis-à-vis de ces questions car elle démontre par l’expérience, donc scientifiquement, des idées qui ont été jusque-là formulées uniquement comme dogme religieux, faisant donc partie du domaine de la Révélation, proclamée mais jamais expliquée par les religions. La réponse à cette première question est donc scientifiquement prouvée par cet éminent personnage qui disait que « à côté des organes du mouvement et de l’organe du choix, il y a autre chose, il y a le choix lui-même ».

    Ses développements pour distinguer l’organe de son rôle sont essentiels ; ils montrent que la conscience a une existence propre, indépendante du corps : « Les choses se passent bien plutôt comme si le cerveau servait à rappeler le souvenir, et non pas à le conserver ». 


    [1] Bergson – L’énergie spirituelle – « Qu’il y ait solidarité entre l’état de conscience et le cerveau, c’est incontestable. Mais il y a solidarité aussi entre le vêtement et le clou auquel il est accroché, car si l’on arrache le clou, le vêtement tombe. Dira-t-on, pour cela, que la forme du clou dessine la forme du vêtement ou nous permette en aucune façon de la pressentir » 

    [2] Bergson – L’énergie spirituelle :  Visiblement une force travaille devant nous, qui cherche à se libérer de ses entraves et aussi à se dépasser elle-même, à donner d’abord tout ce qu’elle a et ensuite plus qu’elle n’a. Comment définir autrement l’esprit ?

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