- Du genre des âmes
- Du monde de l’Esprit
- Essence de l’âme
- De la nature des visions
- Témoignages antérieurs
Du genre des âmes
La psychologie analytique de Jung a montré qu’un homme ne raisonne pas comme une femme :
- L’âme, « propriétaire » de notre conscience, apparait donc comme pouvant être « genrée »
Charles Mopsik (Le sexe des âmes) pensait comme les kabbalistes castillans au moyen âge que :
- L’âme humaine a d’abord été créé « androgyne », avant d’être séparée en deux demi-âmes
- Chaque demi-âmes est d’un « genre » différent, prédestiné à s’incarner « typiquement » dans un corps d’homme ou de femme
- Le « mariage idéal » unit deux demi-âmes, créées « en même temps » dans le plérôme divin, se retrouvant dans le monde matériel
- Ces deux demi-âmes sont promises à une fusion en une seule, réintégration de l’âme originelle androgyne
Dans Genèse ch.2, Adam (l’âme masculine) reconnait la chair de sa chair dès la création d’Eve (l’âme féminine) :
- Les éléments de la « chair de sa chair » visibles dans la femme (conscient) correspondent au « côté » enlevé à l’homme (inconscient)
Mopsik souligne que les demi-âmes sœurs naissent quasiment en même temps dans le monde réel :
- Elles sont prêtes à se retrouver le moment venu, sauf inconduite, et il conclue : « La question du choix de l’épouse prend une forme dramatique dont l’enjeu est la réintégration de leur âme originelle »
Ce genre de l’âme est donc du domaine
de l’inné et non de l’acquit
Du monde de l’Esprit
La kabbale établit ensuite le rapport entre l’esprit de l’Homme et les anges au sein du plérôme divin :
- Ce monde divin est un monde créé (par opposition à Dieu incréé)
- L’« arbre de vie » est constitué de dix émanations ou « sephirot »
- Cette hiérarchie cosmique correspond aux anges de la chrétienté

Neuf couches de purs esprits androgynes (anges) :
- Anges, Archanges, Principautés, Puissances, Vertus, Dominations, Trônes, Chérubins, Séraphins
- L’ange gardien correspondrait à la neuvième « séphira » Yesod
L’esprit individuel de l’Homme, « créé au 6ème jour », serait :
- L’Homme, androgyne comme les anges, créé à l’image de Dieu, correspondant à la dixième « séphira » Malkhout
L’esprit de l’Homme est
androgyne comme les anges
Essence de l’âme
Saint Thomas s’intéressait à l’union de l’âme et du corps, et a défini
la « forme substantielle » attaché à l’ « espèce » :
- L’âme imprime la forme physique du corps, et reçoit ses sensations de toutes les parties du corps pendant la vie
Il définissait une âme intellectuelle et distinguait pour cela :
- L’intellect « agent », qui serait aujourd’hui assimilable à l’esprit
- L’intellect « passif », qui serait aujourd’hui assimilable à l’inconscient spirituel
Il affirmait que l’intelligence n’est pas une essence mais bien une puissance de l’âme incarnée :
- L’intelligence, au sens de saint Thomas, est une faculté passive de l’âme de recevoir l’inspiration de l’esprit
- Le raisonnement est, quant à lui, une fonction active puisqu’il produit des choix et des actions
Saint Thomas nous disait ainsi que l’homme possède le « libre arbitre » (vrai sens de la liberté) :
- Il définit la « syndérèse » comme la faculté la plus pure dans l’Homme de reconnaître le bien de manière infaillible
- Elle incite à choisir le bien contre le mal, créé de toutes pièces par Dieu dans ce but (Le Dialogue de Catherine de Sienne)
- L’âme humaine est destinée à se purifier par la renonciation au mal dans l’incarnation dans le monde sensible.
L’âme ne peuvent progresser sans faire
des choix « fixés » par la conscience
De la nature des visions
Saint Thomas affirmait que l’on ne peut voir Dieu que par grâce, pour qu’une telle vision puisse se produire :
- L’ « essence divine » se traduit par la lumière des personnages rencontrés : « ceux qui voient Dieu par essence connaissent intellectuellement l’essence divine car c’est par l’intellect que Dieu est vu, non par les sens»
- Il précise comment le phénomène peut arriver : c’est par la « lumière de gloire », visible uniquement par la conscience placée dans un état particulier de « déiformité », au contraire de la lumière crée qui est visible par le sens de la vue
Martin Luther révèle l’état des apôtres pendant la vision de l’essence divine lors de la Transfiguration :
- « Un état proche du sommeil, nécessaire à l’homme pour acquérir une telle vision »
Benoît XVI commentait la nature des visions à l’occasion de la diffusion du troisième secret de Fatima :
- « Il ne s’agit pas de la perception normale extérieure des sens :
les images et les figures qui sont vues ne se trouvent pas extérieurement dans l’espace » - « L’âme est effleurée par la touche de quelque chose de réel, même si c’est suprasensible,
et rendue capable de voir le non-sensible, le non-visible par les sens »
Tous sont d’accord pour affirmer que ces visions
ne sont pas occasionnées par le sens de la vue
Témoignages antérieurs
Une quinzaine de témoignages liés à des visions ou apparitions du Christ ont retenu mon attention, parmi lesquels :
- Sainte Thérèse d’Avila racontait avoir eu une vision du Christ au cours de laquelle elle avait ressenti une violente douleur au ventre – Cette vision aurait été prodiguée à la sainte par l’intermédiaire de son ange gardien qui lui est apparu sur la gauche
- Ste Marguerite Marie apporte un témoignage comportant quelques similitudes : le 27 décembre 1673, le Christ lui apparaît, lui révélant son « divin Cœur rayonnant comme un soleil », et elle ressentira une douleur similaire. « Il épousa mon âme en l’excès de sa charité » – « tout rayonnant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils ».
- Max Jacob raconte que : « le personnage qui me visita … me semble être le Christ lui-même… l’apparition, en Septembre 1909, révolutionna mon corps, mon âme & ma vie, je vis un ange dans un paysage que j’avais jadis dessiné & peint ».
Jung explique par ailleurs que le « Soi » peut être compris comme un symbole du Christ :
- Totalité intérieure transcendante de la conscience de l’être humain,
- Le Christ est dit-il un « miroir qui reflète la conscience subjective du disciple, c’est-à-dire le rend visible à lui-même »
- Il reconnaît ainsi l’Homme-Christ ; c’est-à-dire qui prend conscience de la réalité du Soi
Jung assimile ainsi la conscience du Soi à
la conscience de la représentation du Christ
