Structure de l’âme

L’âme est alors l’ensemble formé par toute forme de conscience, à la fois collectif et individuel, sans distinction ni séparation entre ces deux aspects. La substance portant les consciences est un flux dynamique d’informations et non une entité statique et à la mort ces flux disparaissent avec le corps après s’être déversés dans l’inconscient individuel qui peut ainsi perdurer notamment en jouant le rôle de mémoire de cette âme individuelle, partie d’une mémoire universelle beaucoup plus vaste.

Quant au subconscient, bien que Jung l’attribue clairement à l’âme comme étant la « partie obscure de l’âme »[1], influencée dans le mauvais sens par une lumière noire, ce qui n’est pas sans rappeler la saga des Star Wars et son « côté obscur de la force ». Il ferait partie de l’âme pendant la vie tout comme la conscience, et constituerait la matière première du processus d’individuation de l’être humain, de son alchimie. C’est conforme aux idées de Platon sur la lutte entre les pulsions et la raison.

Ainsi l’âme est composée de la conscience ou égo des psychologues, du subconscient, de l’inconscient individuel et de l’inconscient collectif et enfin de l’inconscient spirituel guidé par l’esprit individualisé. C’est la psychologie analytique qui ajoute le concept du « Soi » en désignant en quelque sorte l’ensemble de ces couches de conscience regroupant le conscient et l’inconscient[2]. Il parait intéressant de souligner dans cette définition que c’est le Soi qui préfigure le Moi et non l’inverse.

Ce qui tend à montrer que c’est bien l’âme qui imprime sa coloration, sa personnalité, dirait-on, à notre conscience et qui s’enrichit de celle-ci. La définition du « Soi » de Jung, complétée par les travaux de V.Franckl, représente la totalité de la personne humaine donc de l’âme, moteur de la transmutation, de l’individuation selon ses propres termes, symbolisée par la « pierre philosophale » issue du processus alchimique de purification et de réintégration de l’être humain, aboutissant au symbole d’Adam avant la chute et selon Jung au Christ lui-même[3].

L’âme est donc la conscience totale de l’homme, conscience élargie à toutes formes d’inconscient, notamment individuel et collectif. Elle a un caractère double en ce sens qu’elle est individuelle et personnifiée, figurant ainsi la personnalité de l’être humain, mais elle est aussi une partie d’une âme collective, regroupant toutes les âmes individuelles, en quelque sorte l’âme du monde au sens de Platon, comme on le verra plus loin.

Le schéma précédent résume la structure de l’âme ou conscience élargie telle que définie par la psychologie analytique et son positionnement par rapport à l’esprit et au corps ; mais il ne rend pas compte de la tradition cabaliste et de son interprétation de la Genèse.

[1] CG Jung – Les racines de la conscience – La nature du psychisme

[2] Voici ce qu’on peut en lire sur Wikipedia : Carl Gustav Jung utilise le mot Soi pour distinguer une personne au-delà de ce qu’elle en perçoit (cette perception étant le Moi). Ce concept du Soi est utilisé en psychologie et en psychanalyse avec des nuances d’acceptions en fonction des courants de pensée. C’est en particulier un des piliers de la psychologie analytique et de la psychologie sociale :

« le Soi est la donnée existant a priori dont naît le Moi. Il préforme en quelque sorte le Moi … Le Soi est un concept limite qui regroupe en un même ensemble le conscient et l’inconscient : inconscient personnel et inconscient collectif. Il traduit l’expérience de la totalité, la capacité de représentation de la totalité, autant que le processus psychique qui va dans le sens d’une conscience englobant de plus en plus d’éléments inconscients.

Le Soi intervient dans le processus d’individuation : il en est le moteur, l’organisateur et, dans une certaine mesure, le but… D’un point de vue topique, le Soi est un ensemble regroupant tous les constituants du psychisme. Il serait donc ainsi synonyme de l’âme. »

[3] Jung et la croyance religieuse (1956/1957) : “Comme le Christ n’a jamais signifié pour moi plus que je pouvais comprendre de lui et que cette compréhension coïncide avec le savoir empirique que j’ai du Soi, je dois reconnaître que c’est le Soi que j’ai en tête lorsque je m’occupe de l’idée du Christ. Au demeurant, je n’ai pas d’autre accès au Christ que le Soi, et comme je ne connais rien qui soit au-delà du Soi, je m’en tiens à ce concept”.

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